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Toxicité aiguë : la culpabilité malsaine

Il existe deux types de culpabilité : la culpabilité saine et la culpabilité malsaine ou toxique. Illustrons ces deux états affectifs par des exemples.

1) La culpabilité saine

Sophie a rendez-vous avec Anne à 12 h 10 pour déjeuner. Puisqu’elle ne dispose que de peu de temps ce midi-là, Sophie a averti Anne qu’il était important qu’elle soit à l’heure. À 12 h 35, Anne n’était toujours pas arrivée au restaurant où les deux femmes avaient rendez-vous. Impatiente, déçue, fâchée, Sophie quitte le restaurant et retourne au bureau après avoir acheté un sandwich au café du coin. Lorsqu’Anne l’appelle enfin, lui racontant la mésaventure du jour, Sophie s’emporte et déballe une série d’insultes à son amie, puis raccroche. Quelques minutes plus tard, elle reçoit un nouveau coup de fil : c’est Anne, qui laisse un message dans sa boîte vocale. Elle est triste, atterrée, blessée; elle ne comprend pas la réaction de Sophie. Une vague de chagrin et de remords envahit Sophie : elle se sent coupable – sa copine ne méritait pas tout ce qu’elle lui a dit.

On comprend donc ici que la culpabilité saine repose sur le fait que l’individu a fait un geste qui 1) était en désaccord avec son « code de valeurs » et 2) était délibéré (Sophie avait le choix de faire ce qu’elle a fait ou d’éviter de déverser inutilement ses états affectifs du moment sur sa copine). Lorsque l’on contrevient à ses principes, à son « code de valeurs personnel », cela crée un déséquilibre en nous. Sophie a été infidèle à elle-même alors qu’elle avait tout à fait le choix de l’être, d’agir en se jaugeant et en respectant son amie.

La culpabilité saine a son utilité, sa fonction, car elle rappelle une personne à ses principes. De plus, nous le verrons plus bas, elle favorise la réconciliation ainsi que le pardon : en général, ce qui calme une culpabilité dite saine, c’est de s’excuser avec sincérité.

Après avoir écouté le message vocal d’Anne, Sophie se doit de la rappeler, car elle regrette affreusement d’avoir blessé sa tendre amie. « Je m’excuse de t’avoir blessée. J’ai perdu le contrôle. » Après avoir transmis ses sincères excuses à Anne, Sophie se sent beaucoup mieux. Elle fixe un nouveau rendez-vous à Anne, puis elle retourne au travail la tête tranquille.

Par ailleurs, de manière générale, on ne s’attarde pas à la culpabilité saine : elle ne dure que quelques minutes, elle est passagère. Celle-ci ne nuit pas à notre « fonctionnement normal » – c’est un signal, tel un détecteur de fumée (ou un réveille-matin, une alarme de sécurité, etc.). La culpabilité ayant fait son travail, puis les gestes nécessaires ayant été faits pour rétablir son équilibre intérieur, tout revient au mode « normal » en nous.

2) La culpabilité malsaine, toxique

Julie vit dans l’insécurité, dans le manque de confiance en elle-même depuis l’enfance. Ayant subi les colères d’un père dur, exigeant qui « lui mettait toujours tout sur le dos » – trop souvent à tort –, elle a développé un sentiment de culpabilité malsaine permanent. Encore aujourd’hui, adulte, Julie se rend responsable de toute situation fâcheuse, de tout problème au bureau, de tout conflit à la maison… même lorsqu’elle n’a aucune responsabilité dans la situation.

Une culpabilité malsaine entraîne chez un individu de se sentir « toujours coupable de tout et de rien ». Elle repose sur des raisons, des motifs qui, au fond, n’en sont pas. Cette culpabilité toxique est en fait une création de son imaginaire.

Prison et fardeau

C’est lorsqu’on est prisonnier de sa culpabilité – lorsqu’elle n’est plus un « signal », mais un état affectif permanent – que l’on peut parler de culpabilité malsaine. La personne s’estime fautive à tort; elle vit des culpabilités surdimensionnées par rapport aux situations vécues, même lors d’une non-implication dans l’événement. Le sentiment ressenti est invalide, injustifié. Il peut même se transformer en mal de vivre. Ultimement, inconsciemment, on se dit : « Je ne mérite pas de vivre, d’exister, car je suis fautif. »

Les principaux effets de la culpabilité malsaine sont les suivants : peur, sentiment de solitude, dépression. Cette « forme » de culpabilité est lourde à porter; elle est dévastatrice et comme ses effets énumérés plus haut le laissent deviner, elle peut devenir toxique. Sous la torture d’un sentiment de culpabilité permanent, l’individu peut s’écrouler, sombrer dans le désespoir; la souffrance morale extrême est toxique pour tous.

Culpabilité et manque d’initiative

Un sentiment de culpabilité malsaine entraîne habituellement un manque d’initiative. Car on l’associe à l’échec, elle s’associe fréquemment à la peur d’échouer. On l’oppose donc à la « proactivité », à l’initiative, la personne luttant de façon permanente avec le sentiment. Elle amène la passivité, l’impuissance; on peut même devenir fataliste – « tout est perdu d’avance, j’échouerai (et alimenterai ma culpabilité) ». « Mon échec me rendra coupable. » Rien ne s’est encore produit, mais elle perçoit ses gestions et gestes projetés comme opposés à ce qui devrait être, à ce qui est « correct ».

La culpabilité comme masque

On peut aussi parler de « culpabilité-masque » lorsque sa culpabilité sert à masquer, à cacher ses désirs réels, à déguiser son refus de prendre sur soi ses propres sentiments ou choix. La culpabilité cache autre chose : on refuse d’assumer ses décisions, désirs et actions. Encore ici, il peut y avoir passivité, inaction sous prétexte de ressentir de la culpabilité. Ce type de culpabilité sert aussi à désamorcer la réaction d’autrui par la manipulation. Dire « Je me sens coupable… » peut en effet être une manière de manipuler l’autre de manière à diminuer les conséquences de gestes que l’on fait, que l’on a faits.

Se libérer de la culpabilité malsaine – comment fait-on?

Il faut d’abord avoir conscience de son problème relié à la gestion des émotions et sentiments, reconnaître que le sentiment de culpabilité malsaine occupe trop de place dans sa vie. Ensuite, on doit laccepter – c’est le plus grand cadeau qu’on puisse se faire. Lutter ne mènera à rien ici.

Identifier la source de sa culpabilité toxique peut favoriser une libération plus rapide. Parents injustes, éducation sévère, perfectionnisme, traumatisme? Les sources peuvent être nombreuses. Mais pour les perfectionnistes, admettre que l’impuissance, que l’imperfection appartiennent à notre nature, ce peut être le commencement de son affranchissement, et le point de départ vers un développement personnel véritable.

Puis, il faut se défaire de la croyance ou de la programmation qui est à l’origine du sentiment de culpabilité malsaine; il faut changer ses conceptions. Autrement dit, on doit se libérer de ses chaînes intérieures.

Et l’hypnose?

L’hypnothérapie s’avère là un moyen efficace de se libérer de la culpabilité malsaine. En amenant un individu à modifier ses représentations et programmations erronées (en passant par la voie rapide qu’est le subconscient), on s’attaque évidemment à la source du problème – en plus de le ramener dans le chemin de l’épanouissement personnel.

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